Ils sont six en cœur de ville, ou à très grande proximité du centre, à avoir une activité artisanale unique, spécifique dans tout Brive et même au-delà. Ils sont vannier, modiste, coutelier, tisserand, savonnier et sellier. Nous les avons rencontrés. Ils nous ont parlé de leur métier, de leur savoir-faire, de cette passion qui les anime mais aussi de leurs inquiétudes.
Les métiers manuels ont été, pendant des décennies, dévalorisés. Or, il y a de belles opportunités en termes d’emplois mais aussi, et c’est aussi important, en termes d’épanouissement personnel. Ces cinq artisans brivistes exercent seuls ou au sein de toutes petites structures et ont un savoir-faire unique.

Cette fois-ci, on part à la rencontre de Gérard Barbier, artisan savonnier.
Né en Algérie Gérard Barbier a voyagé toute sa vie. Ce globetrotter a posé ses valises à Brive en 2022 et a ouvert une savonnerie depuis laquelle il fabrique ce produit millénaire. Du savon fait à Brive de manière totalement artisanale avec des produits totalement bio et saponifié à froid… Visite de cette boutique-atelier nichée au sein d’une maison atypique de la rue Elie-Breuil en plein cœur de Brive.
Un produit millénaire
A peine la porte poussée, les odeurs d’huiles essentielles pénètrent notre nez. Gérard Barbier est occupé à couper des blocs de savons qu’il a fabriqué il y a environ une semaine. « C’est le temps qu’il faut pour que le savon se repose avant d’être mis à la vente », explique cet artisan savonnier. De l’autre côté de la pièce, plusieurs blocs de savons sont exposés dans une immense étagère en bois. Choc des odeurs et choc des couleurs. Jaune, blanc, rose, bleu, violet… « Ce sont les pigments que j’incorpore manuellement dans ma préparation qui donnent ces couleurs aux savons. »

Ici, tout est artisanal. « Le savon c’est assez facile à faire », assure Gérard Barbier. Certes, mais il faut quand même un savoir-faire et quelques connaissances en chimie. Car fabriquer du savon demande de bien doser chaque élément utilisé. Notamment pour obtenir le léger surgras à 8% que Gérard Barbier donne à ses savons.
Tout est artisanal
Tout artisanal et tout bio. Huile d’olive, huile de ricin, huile de tournesol, beurre de karité, beurre de cacao, huile de babassu ou de noix de coco…

« Que de bons produits dedans », souligne Gérard Barbier. Ça c’est la base. Ensuite, l’artisan y ajoute sa touche. « J’essaie de différencier mes savons et de jouer sur un aspect visuel. Avec des pigments naturels. Selon les huiles essentielles, j’y adjoins une couleur. Violet pour la lavande, jaune pour du citron etc ». De la grande cuisine. Et ce n’est pas qu’une expression puisque parfois Gérard Barbier utilise même du curcuma…
Place à la démonstration en direct et en musique qui se fait au-rez-de-chaussée du commerce et en vitrine. Les passants peuvent tout voir du procédé.
« J’incorpore ma préparation eau-soude aux corps gras et je mélange. La saponification (la réaction chimique) est déjà en train de se faire. Une fois le mélange obtenu, là c’est vraiment une sensation personnelle, il faut obtenir l’aspect d’une crème-anglaise en quelque sorte. » Quand on vous dit que c’est de la cuisine.
« Puis je verse la préparation dans le moule en bois. Voilà. C’est fait. » Mais ce n’est pas encore tout à fait terminé. Place au chef. La petite touche personnelle, le petit plus. La colorisation du savon. Gérard ajoute délicatement son mélange de couleurs. Puis avec un long et fin bâton, il dessine des formes…
Vingt-quatre heures après, le savon se sera solidifié.
En plus de ses savons, Gérard Barbier fabrique des shampoings solides et des bougies. Encore une fois tout est bio.
Une boutique et un artisan à découvrir.
Savon Tradition. 14 bis rue Elie-Breuil. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h.
Renseignements. 06.34.39.11.34 ou savontradition@gmail.com