Jour J hier du passage à ce nouveau treillis dit BME pour toute la 9e BIMA (Brigade d’infanterie de marine) à laquelle le régiment briviste appartient. Et donc, symboliquement, les Bisons l’arboraient tous en fin de journée pour la prise d’armes qui a parachevé leur Saint-Maurice, patron des fantassins.

La différence n’apparait pas « flagrante » entre l’ancien et le nouveau treillis. Un treillis reste un treillis, direz-vous. Et pourtant, les militaires en parlent comme d’une innovation technique issu d’une longue mise au point par l’armée de terre elle-même, assortie de tests validés en situation de combat réelles.
Le sigle lui-même « camoufle » sa fonctionnalité : BME pour Bariolage multi environnements. Si auparavant, il fallait une tenue spécifique selon le théâtre d’opération, centre-Europe ou désert, désormais une seule suffit. L’alternance stratégique de grandes et petites taches brisées, intégrant un système sophistiqué de dégradés, permet en effet de brouiller efficacement la silhouette du soldat, augmentant ainsi la difficulté pour l’ennemi de le détecter, que ce soit en zone herbeuse, urbaine ou désertique. La STAT (Section technique de l’armée de terre) qui y travaillait depuis 6 ans, certifie une amélioration de 25% de la capacité de dissimulation des soldats.

La nouvelle tenue, par ailleurs raccord avec le camouflage des matériels et véhicules, est aussi conçue avec des matériaux innovants alliant résistance à la déchirure et à l’usure, confort et protection grâce à des traitements spéciaux. Ce modèle unique est en cours de déploiement dans toute l’armée française.
Outre ses avantages pour les soldats, ce treillis BME facilite considérablement la gestion des équipements et donc les coûts inhérents. Une logistique qui incombe pour le régiment au Groupe de soutien commissariat (GSC), gère tout l’à-côté du combattant et donc entre autres l’habillement. Direction un vaste hangar au cœur de la caserne Laporte où est entreposé et répertorié un matériel de plus en plus technique.
« Nous ne fournissons désormais que le premier paquetage de l’incorporé », explique le commissaire Matthieu. Nul besoin d’avoir des stocks impressionnants. « Le renouvellement de treillis se fait désormais par colisage. Chaque soldat se voit ouvrir des droits de renouvellement, de l’ordre de 2 ou 3 treillis par an, selon son affectation. Il passe commande directement sur une plateforme selon ses besoins. Nous ne faisons que recevoir le colis qui lui est transité par un système de fourriers dans les compagnies. »


« Nous avons la chance d’intégrer ces nouveaux treillis à Brive », se réjouissait le colonel Antoine Naulet. Leur arrivée était justement l’occasion pour le chef de corps de mettre en avant l’importance du groupe de soutien. « Il nous permet de bien remplir nos missions en nous concentrant sur l’essentiel, notre métier. »

Les 1200 Bisons du régiment étaient ainsi rassemblés hier soir pour une prise d’armes très symbolique qui venait renforcer l’esprit de corps d’une journée marquant la Saint-Maurice. Pour célébrer leur patron, les fantassins avaient organisé divers jeux de force de leur cru : tractage de Griffon à la corde, transport à bout de bras de leur capitaine de compagnie dans un canot, course en étant alourdi du gilet pare-balles, bras de fer entre compagnies (même le colonel a voulu s’y essayer contre le vainqueur) pour finir par un tonitruant We are the champions, du groupe Queen. Mission accomplie.
