Matthieu Thuillier, fromager couronné

Quand on est de Versailles ce n'est pas surprenant
JA

Originaire de Versailles, installé à Brive depuis 11 ans, ancien infirmier, devenu fromager il y a un peu plus de deux ans, et déjà vice-champion du monde de cette profession, titre obtenu lors de la coupe du monde qui s’est déroulée à Tours, mi-septembre, Matthieu Thuillier, employé au Bois d’Amalthée, est un homme heureux.

Une reconversion plus que réussie

Grand sourire aux lèvres, Matthieu Thuillier, presque 40 ans, nous accueille au sein de la fromagerie Le Bois d’Amalthée, où il travaille, dans le quartier des Rosiers à deux pas de l’église. Matthieu est un fromager et un homme comblé, il vient de décrocher la seconde place à la coupe du monde de la profession qui a eu lieu à Tours, entre Loire et Cher, du 14 au 16 septembre derniers. Ce passionné travailleur méticuleux, est arrivé à Brive il y a un peu plus de 10 ans pour changer de cadre de vie, usé par la région parisienne. Matthieu est à l’époque infirmier et trouve rapidement du travail dans la région. Seulement, à un moment, le moral lâche, le physique suit, les interrogations pleuvent. L’envie de faire autre chose émerge. Et un souvenir fait surface. « Quand j’étais étudiant, j’ai travaillé dans une fromagerie dans laquelle j’ai beaucoup découvert et appris, rembobine Matthieu.

Habitant le quartier des Rosiers à Brive, Matthieu est client régulier de cette fromagerie au nom curieux qui s’est installée à l’angle du boulevard Mirabeau et de l’avenue Ribot. Le Bois d’Amalthée. En bon épicurien, il fréquente les lieux aussi bien pour la qualité des produits que par l’approche passionnée des personnes qui travaillent en son sein. « Tout est ensuite un peu venu d’une blague, explique Matthieu. On plaisantait toujours sur le fait que j’intègre la Bois d’Amalthée, sans être vraiment sérieux… » Mais cette blague entre potes va devenir réalité et bouleverser la vie de Matthieu.

Le Poulidor du fromage

« Un jour, je suis en voiture au feu rouge en face de la fromagerie et Antoine (Abellan, un des associés de la fromagerie, NDLR) traverse, s’approche et me lance qu’il cherche quelqu’un pour travailler à la fromagerie et que ça serait bien que ce soit moi, etc. Tout s’est ensuite passé autour d’un bon repas et d’une tête de veau. Mais je n’ai pas accepté tout de suite. Dans ces cas-là, on se met souvent plein de barrières. C’est finalement ma femme qui m’a convaincu d’y aller. » Pari gagnant.

Après quelques mois passés au sein du Bois d’Amalthée et sous l’impulsion d’Antoine Abellan, vice-champion de France de la profession couronné en 2023 à Lyon, Matthieu se présente à la même compétition et termine à la même place obtenue par son mentor deux ans plus tôt. Et alors qu’il n’est pas censé participer au championnat du monde, puisque seul le vainqueur du championnat national est automatiquement qualifié pour compétition internationale, un événement tragique va changer la donne.

« Jules Mercier, vainqueur de la coupe de France des fromagers, mais surtout un de mes amis est retrouvé mort en montagne après une chute. Quelques temps après, Rodolphe Le Meunier, organisateur du mondial et Meilleur ouvrier de France, m’appelle et me demande de bien vouloir prendre la place de Jules. J’accepte en pensant bien entendu à Jules. »

Propulsé aux championnats du monde deux mois avant la tenue de l’épreuve, Matthieu se prépare très consciencieusement mais sans pression. Lors de ce week-end de compétition durant lequel neuf épreuves sont programmées du QCM de connaissances fromagères aux épreuves pratiques allant de la sculpture sur fromage à la présentation de son fromage coup de cœur (un Langres en l’occurrence) en passant par la coupe sans balance, Matthieu finit rincé mais médaillé. « Je pense que j’ai été très régulier sur chacune des épreuves », estime-t-il simplement a posteriori.

Coiffé de la couronne d’argent, le fromager originaire de Versailles, est depuis très sollicité mais garde les pieds sur terre. La réalité c’est le quotidien en quelque sorte. Matthieu le sait.

En attendant d’autres possibles aventures, nous nous sommes imaginés un repas préparé par Matthieu Thuillier, au fromage bien entendu, et par Christophe Ip Yan Fat, de la maison Bach, champion du monde et MOF, pour le plat, en l’occurrence de la viande… Reste à trouver d’autres champions (pas forcément du monde) pour l’entrée et le dessert, vous en connaissez ? 

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