C’est parti pour le record du monde !

François Lacassagne a démarré hier, 1er mars, ses semi-marathons. Il doit en totaliser 63 dans le mois. Vous pouvez le soutenir en venant courir avec lui. Et en plus, c'est au profit de Pour Nos P’tits Gaillards.
Carlos Matias - CJA Fotografia

Son défi a commencé comme annoncé hier dimanche 1er mars et il y avait du monde pour courir à ses côtés pour le lancement. À 9h ce matin, les « troupes » étaient plus clairsemées : seule l’escortait une poignée de fiers et vaillants Bisons de la 3e compagnie du 126. Il en sera ainsi chaque rendez-vous matinal en semaine, les compagnies de combat vont se relayer à ses côtés. Chacun peut venir partager ces moments avec lui en se calant sur son allure modérée.

Fatima Kaabouch

« Je sais que ça va être dur, que je vais avoir des moments compliqués, mais c’est faisable. Il va falloir que je sois vigilant sur ma récupération et que je ne m’enflamme pas », anticipe le Fennec, surnom qui lui colle aux mollets depuis un de ses raids désertiques où, en tête de la course, il avait rattrapé les jalonneurs. Après avoir traversé et parcouru bien des contrées arides et lointaines (voir plus bas son impressionnant palmarès), le dompteur du désert s’est lancé un tout autre challenge, à domicile cette fois, histoire de le partager avec sa ville et les partenaires qui le suivent depuis plus de trente ans.

Un mois à courir tous les jours, sur un circuit balisé de 10,6 km le long de la voie verte. Jour après jour, sans relâche du 1er au 31 mars, matin et après-midi. Deux semi-marathons par jour, et même trois sur une journée, « ce samedi 7 pour mobiliser davantage de monde » afin d’arriver au compte de 63, avec des départs à 8h, 12h et 16h.

« À ce jour, le record officiel est de 52, détenu par l’Indien Bidyut Mohan. Mais il a aussi un record non officialisé, pour l’instant, à 62. Alors, dans le doute, je suis parti sur 63. » Équipé d’un traqueur, le Briviste devra fournir chaque soir les données GPS pour validation par International Book of Records.

Fatima.Kaabouch

« À 61 ans, la force de l’âge, j’ai encore envie de profiter tant que mes jambes me portent. Le CAB a accordé à son intendant rugby ce mois de disponibilité. « C’était la condition première. » Il a lancé sa préparation spécifique en novembre dernier pour habituer son organisme : « d’abord en courant 20 km par jour en une seule fois pour monter à deux fois, très tôt le matin, très tard le soir, sur un volume de 40 km, et cela, au moins trois fois par semaine, avec du renforcement musculaire. » François table sur son expérience d’ultra-traileur et une bonne connaissance de soi. « Je vais respecter une plage d’au moins 7h entre chaque semi pour me reposer. »

Au total, il va aligner 1 329 km. Un effort sans comparaison avec les challenges où il se retrouve livré à lui-même. « Dans le désert, je ne mange pas très bien, je ne dors pas très bien… Ce sera certes plus long, mais je serai dans des conditions optimales pour la récupération. Je vais dormir tous les soirs dans un lit, je pourrais avoir des soins… »

Il est entouré d’un staff de 15 bénévoles qui vont assurer la logistique et se relayer à ses petits soins, dont un médecin, trois kinés, un ostéopathe, un préparateur physique, un préparateur mental et un nutritionniste. Il a d’ailleurs baptisé son challenge « We can do it » et conjugue davantage le « on » que le « je ».

Cela n’en reste pas moins « un défi complètement dingue qui repose sur le dépassement de soi, la solidarité et le territoire » car il invite celles et ceux qui le souhaitent à venir en vivre un bout. « Tous les matins, il y aura des militaires en treillis. Les pompiers viendront deux fois par semaine, des gens des clubs de running, de crossfit… À chacun de courir la distance qu’il veut. »

À l’arrivée, le Fennec a prévu un instant souvenir photo avec ceux qui l’auront accompagné, avant de filer chez le kiné ou en balnéothérapie. Un record qu’il veut partager, en générosité et humilité, avec le maximum.

Les infos en +

Au mètre près

La distance précise d’un semi-marathon est 21,0975 km. Le circuit sur lequel va courir François Lacassagne fait exactement 10,6 km qu’il effectuera deux fois. La boucle part du parc de la Guierle, file en empruntant la voie verte vers la passerelle Jean-Paufique et le parc du Prieur, revient par Maillard pour un tour de la plaine des Bouriottes et retourner au point de départ.

Courir avec lui

François Lacassagne vous invite à partager tout ou partie du parcours. RV au stand parc de la Guierle, à 9h et à 16h. Il sera entouré par deux vélos, calé sur son allure entre 10 et 12 km/h.

Pour Nos P’tits Gaillards

Le projet n’est pas que sportif et vise aussi un but solidaire : récolter des fonds pour les enfants malades. François vend ses 63 tee-shirts noirs ou blancs XS numérotés (50 euros le maillot). Et comme plus de la moitié a déjà trouvé preneur, il propose un pack noir sac à dos et tee-shirt (à la taille voulue) logotés et vendus 20 euros (en précommande ou sur place au stand de la Guierle). À la fin du challenge, l’intégralité de la somme sera reversée à l’association.

Un impressionnant palmarès

15 ultra-trails désert ! Le 1er remonte à 1988, un Marathon des Sables en autosuffisance alimentaire. « J’avais 29 ans, je venais d’arrêter le rugby et, avec un copain, on s’est lancé le défi. On avait une préparation minimale, un matériel inadapté, un jerricane dans le sac à dos comme réserve d’eau. On s’est même perdus, mais on est allés au bout. » Il en tirera une leçon et le fera encore 3 fois en 1993, 1998 et 2000 avec comme meilleure place 46e sur 800. Sa 1re victoire, il la décroche en 2004 en Tunisie sur la Trans Oasis. Suivront en 2005 l’Aphrodite Run à Chypre (2e) et en 2006 le Raid Dogon au Mali. « Le plus dur pour moi, physiquement comme moralement : j’étais en tête et le dernier jour j’étais malade, j’ai fini 8e en marchant. Il m’a fallu du temps pour m’en remettre. » Il renoue avec la victoire en 2007 sur le Raid Touareg en Algérie. S’enchaîneront la Route des rois en Jordanie (2008, 2e) « le plus beau avec l’arrivée dans Pétra déserte », l’Aphrodite Run à Chypre (2009, 2e), l’Étoile de l’Atacama au Chili (2011, 1er) « le plus haut », le White Desert Challenge en Égypte (2014, 1er), la Transnamibia en Namibie (2019, 3e) « le plus long, 300 km », le King Wadi Rum Trail en Jordanie (2022, 16e) et le dernier, en 2023, le Kimbia Kenya « 5e, en m’étant perdu ». Sans compter de nombreuses courses toutes distances dans l’Hexagone, dont évidemment des 100 km avec un record du Limousin en 8h30 à Belves et il y a 2 ans, une médaille de bronze par équipes de 3 en championnat de France.

Carlos Matias – CJA Fotografia
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