Le message est clair : Brive ne sera pas Marseille. Préfet, maire, procureur, polices nationale et municipale réunis ce matin à Brive en Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) s’alignent sur le même ton. Les chiffres ont beau être en nette amélioration (voir plus bas), et chacun de se satisfaire de l’efficacité d’une action collective et concertée, les événements d’Halloween ont fait date.
Pour rappel, le 31 octobre dernier, une bande constituée de mineurs et de jeunes majeurs, avait décidé de semer le chaos dans le centre-ville, se livrant au passage à un guet-apens sur un mineur, allant même jusqu’à affronter les forces de l’ordre avec tirs de mortier tendus, jets de projectiles, poubelles incendiées, en promettant bien pire pour le 31 décembre dans une vidéo.
Une scène de violences urbaines inédite dans le cœur de la cité que la police s’est empressée de maitriser, suivie par la justice, avec autant d’efficacité que de fermeté. Neuf mineurs et treize majeurs ont déjà pu être identifiés et poursuivis. La réponse rapide aux événements était en soi un premier message envoyé.

Ce matin, les acteurs du CLSPD raffermissent leur position. « Nous sommes extrêmement déterminés sur le sujet. L’affaire ne s’arrêtera pas là », a insisté le préfet Vincent Berton pointant le défaut d’encadrement familial et la responsabilité des parents.
« Ces jeunes ont des parents qui ont des logements sociaux. J’ai réuni les bailleurs sociaux pour faire le point sur les possibilités d’expulsion, sous contrôle judiciaire, en cas de trouble d’une jouissance non paisible ou dans le cadre de la loi contre le narcotrafic. C’est une nécessité absolue que d’intensifier notre action. Nous mettrons tous en œuvre, sans faiblir, sans état d’âme, pour appliquer tous les outils que nous donnent la loi pour procéder à des expulsions, la fermeture de lieux, de commerces, l’interdiction de paraître dans l’espace public… »
Car malgré les actions menées par les forces de police, « le trafic de stupéfiants repart, parce qu’il y a des consommateurs, près de 10% de la population, c’est considérable. Nous allons aussi poursuivre la répression de la consommation de stupéfiants« , citant celle liée à l’uber shit (livraison à domicile) ou plus festive dans les bars et boîtes de nuit. Une répression qui vise également les réseaux et le blanchiment d’argent.
Le préfet en a profité pour annoncer la création en janvier 2026 d’une unité canine basée à Brive avec un chien de détection des stupéfiants. Un malinois nommé Preston arrivant de la région parisienne et qui renforcera ainsi l’action des 4 déjà présents au sein de la police municipale. Une dizaine de policiers adjoints vont également être recrutés sur Brive pour compléter les effectifs du commissariat.
« Nous avons sur Brive une situation de délinquance maîtrisée« , a rappelé Vincent Berton. Le préfet, la procureur de la République Florence Leroux-Ghristi, le directeur départemental de la police nationale David Brezel, le commissaire de Brive Olivier Di Lullo et le responsable de la police et garde municipales Laurent Tronc, se sont pliés à ce nécessaire exercice de restitution.
« Nous avons l’obligation de rendre des comptes à la population« , a affirmé le maire Frédéric Soulier, se félicitant de cette action collective et proactive articuler autour du « protéger, prévenir, répondre ». « Brive n’est pas à l’écart des phénomènes de société, mais iI n’est pas acceptable qu’une minorité fasse le bazar« , a-t-il renchéri.
Évidemment, les effectifs vont être renforcés pour les fêtes de fin d’année. « Nous serons sur le pont et nous ferons ce qu’il faut pour que cela se passe bien », a assuré le préfet. Avec un message affiché par tous: « tolérance zéro« .
En quelques chiffres
- une délinquance générale en baisse à Brive de 5,75% (2.589 faits contre 2.747 en 2024), à rebours des tendances régionales
- un taux d’élucidation en hausse : il est de 42,2%, au-dessus des moyennes nationale et zonale
- des atteintes aux personnes en diminution de 4,35% (682 faits)
- des atteintes aux biens en net recul de 11,67% (1.045 faits)
- une action offensive des services avec une augmentation des infractions relevées par leur action de 9,70%
- de bons résultats dans la lutte contre les trafics : +86% de trafics démantelés, + 2% pour usage