Dans les coulisses des festivals…

À l'ombre du Lovely Brive festival qui commence ce soir, se tiennent pour la première fois des conférences ouvertes à tous racontant tout ce qui se joue derrière une affiche.
Les conférenciers débattent de l'avenir des festivals de musiques actuelles
© Fatima Kaabouch

Les portes de cette 21e édition du Lovely Brive Festival n’ouvriront qu’à 18h, mais déjà ce matin une douzaine de fans sont positionnées devant l’enceinte. Paillettes sur les joues, fleurs dans les cheveux, elles sont dans le ton, chantent et sautillent au rythme du Love Today de Mika en train de faire les balances sur la grande scène. Des inconditionnelles que le ballet des derniers préparatifs ne trouble absolument pas. Et elles chantent et elles sautillent en cercle cette fois sur Relax, Take it easy comme si elles se connaissaient de toujours alors qu’elles ont convergé rien que pour lui de Lille et d’ailleurs à travers la France.

À quelques mètres de là, à l’Espace du professeur Jean-Paul Escande que tout un chacun continue d’appeler salle du Pont du Buy, l’ambiance bien que détendue est plus sérieuse. La Lovely manifestation entame une nouvelle décennie en initiant quatre conférences ouvertes sur les enjeux du secteur. Nul besoin d’être un professionnel du spectacle pour suivre les questionnements soulevés, regarder de l’autre côté du miroir et s’ouvrir davantage la compréhension.

« Quel avenir pour les festivals de musique actuelles en France ?« , interroge la première conférence ce matin. Des coûts de production qui ont explosé depuis le Covid, des cachets d’artistes multiplié par trois, plus forte concurrence des festivals, des méga concerts parisiens qui captent beaucoup de public, la désaffection notamment des jeunes plus enclins au streaming et aux playlists…

« On écoute que ce qu’on aime, des playlists d’artistes qui s’y apparentent et il y a moins de place pour la découverte », témoigne Stéphane Canarias. « 64% de notre line-up sont des artistes en développement. On se concentre toujours sur les grands noms de la grande scène, mais nous, ce qu’on aime aussi c’est permettre au public de rencontrer de nouveaux artistes. Un festival a aussi cette vocation », explique le directeur et programmateur de Festival production.

Alors il faut toujours se réinventer, anticiper l’avenir pour éviter de trop le subi, conforter son identité pour se démarquer et fidéliser, offrir une expérience unique, un supplément d’âme… Et Jean-François Poumier, président de l’association Tuberculture organisatrice du Festival aux Champs, de raconter la belle aventure vécue depuis 38 ans à Chanteix.

« Même avec une billetterie à 100%, on peut avoir un festival déficitaire », relance Frédéric Vilcocq, directeur de cabinet adjoint à la présidence de la Région Nouvelle-Aquitaine et membre fondateur de Garorock de Marmande. « Peut-être qu’il y a trop de festivals ? C’est sur aussi qu’il y a eu une augmentation des prix des billets mais on est très largement en deçà des prix des Arena. »

Dans l’assistance, les professionnels opinent. Le néophyte découvre lui tous les enjeux auxquels sont confrontés les festivals qui doivent surfer sur les mutations. Alors quel avenir ? La question n’est certes pas tranchée et va s’écrire avec tous les intervenants impliqués dans le monde du spectacle, organisateurs, programmateurs, artistes, partenaires publics comme privés, et aussi les festivaliers. Chacun doit prendre conscience qu’il fait partie intégrante de l’équation en devenir… Pour que l’émotion perdure.

© Fatima Kaabouch

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