L’Unité de soins palliatifs inaugurée

Située au 2e étage du bâtiment C2GC, l'USP fonctionne avec une équipe multidisciplinaire s'adaptant aux 8 patients en chambres individuelles. Un lieu où le soin ne se limite pas à soulager la douleur, mais rime aussi avec dignité et humanité.
Une des 8 chambres individuelles de l'Unité de soins palliatifs
Fatima Kaabouch

Dans le grand espace de vie avec balcon qui ouvre sur l’Unité, un texte inscrit sur un tableau blanc porte le message du service en ce jeudi 15 janvier de coupure de ruban.

« L’inauguration de l’USP a un sens très fort pour l’équipe. Cela signifie notre engagement auprès des patients dans le soin, la dignité et l’oubli de la souffrance quand on peut. Un lieu porteur de sens, qui reconnait la valeur de chaque existence et un endroit où les familles sont soutenues. » Un texte signé « une équipe attentive et engagée ».

Ces quelques lignes manuscrites n’ont échappé à personne, ont touché chacun. Car au-delà de l’aspect médical de ces chambres d’hospitalisation complète avec salle de bain adaptée, dédiées à des patients en situation palliative, au delà de l’équipe pluridisciplinaire – médecins, infirmiers, aides-soignants, cadre de santé, secrétaire, hôtelière, psychologue, assistante sociale, diététicienne et enseignant en activité physique adaptée (EAPA) -, au-delà des chiffres et des termes techniques, c’est bien dans ce soin à apporter les soins, dans ces attentions à apporter du (ré)confort, que se révèle l’humanité des actes, des gestes, des regards à la façon de Lévinas auquel s’est référé le directeur des hôpitaux de Corrèze, Nicolas Portolan. « La dignité nait dans la rencontre avec le visage de l’autre, ce qu’un regard, un sourire dit de l’infinie valeur de chaque personne. »

Ce lieu de soin se veut ainsi un lieu de vie, permettant un accompagnement global des patients et de leurs proches, « un lieu d’humanité partagée » où, justement, « le soin ne se limite pas à soulager la douleur mais reconnait pleinement la présence de l’autre, jusqu’au bout ». « C’est dans cette attention discrète et essentielle que se joue le respect de la vie », soutient le directeur.

Inaugurée aujourd’hui, l’USP fonctionne en fait depuis le 8 décembre 2025, d’abord avec 4 chambres puis 8 depuis début janvier. Le rendez-vous de cette ouverture était pris en mars 2024, lors de la venue de la ministre de la Santé Catherine Vautrin. Il s’agissait de combler une lacune corrézienne puisque notre département faisait parti des 21 à ne pas en disposer alors que les besoins étaient reconnus. 12 lits sont prévus, dont 4 aussi à Tulle.

À Brive, l’unité accueille de façon temporaire des patients en situation palliative résidant en Corrèze ainsi que dans les départements limitrophes (Lot, Dordogne, Creuse). Et palliatifs ne signifie pas forcément fin de vie. Cela peut-être certes pour des situations palliatives terminales ou avancées complexes, mais aussi pour « des souffrances réfractaires après une intervention chirurgicale, d’états de grande précarité sociale, pour l’organisation du retour à domicile après une hospitalisation complexe, pour offrir un répit en cas d’épuisement familial ou soignant… », détaille le docteur Pierre-Jean Lhopitault, chef de service.

« Chaque patient est unique, ce qui demande une prise en charge spécifique« , explique la cadre de santé Mimouna Bertal-Ghora. C’est à nous d’aller à son rythme et de nous adapter, de créer un cocon rassurant et contenant. »

Dans ce projet, tout a été pensé pour le confort du patient. « Chaque chambre a une note de couleur, dispose d’une table de chevet réfrigérée, est équipée de rails coulissants qui pourra aussi l’amener jusqu’à la salle de balnéothérapie qui sera bientôt opérationnelle. Le fauteuil pour l’accompagnant se transforme en lit », détaille la cadre de santé.

Évidemment, les soins de supports y ont toute leur place dans les compétences du personnel, certains sont déjà diplômés, d’autres continue à se former en immersion dans d’autres structures. Les patients bénéficient aussi de l’accompagnement régulier des bénévoles de la Ligue contre le cancer et Être là. Un projet d’équipe pour « une prise en charge humaine, spécialisée et de proximité ».

Fatima Kaabouch
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