Le Rex fait de la résistance

Alors que la fréquentation des salles a baissé en 2025 de 13,6% au national, le cinéma briviste affiche +1,22%.
Xavier Harismendy

Article réalisé par Narjis Nouri

Romain Grosjean, directeur du cinéma art et essai, a de quoi être satisfait. « Toute l’année, c’était les montagnes russes. Nous pensions être à -5%, au final nous sommes à +1,22%. »

Dans un contexte national morose pour les salles obscures, avec un recul de 13,6% de la fréquentation en 2025, la performance du Rex interpelle. L’établissement affiche près de 63 000 entrées en 2025, pour 5 289 séances et une programmation de 300 films par an. Une activité portée par une équipe de 8 personnes répartie sur trois salles.

Une stabilité qui n’allait pourtant pas de soi. « Les mois où les entrées étaient plus faibles, nous avons réalisé que la médiation a aidé à équilibrer le tout », explique Romain Grosjean.

Xavier Harismendy

« Aujourd’hui, il faut envisager le cinéma comme un endroit pluridisciplinaire », et cette approche se traduit par des formats hybrides, mêlant projection classique, échange et expérience collective. Par exemple, les séances ciné-mythiques, consacrées à des films cultes, donnent lieu à des débats et des analyses. Le Coup de cœur surprise, proposé chaque premier lundi du mois, invite les spectateurs à faire confiance à l’équipe sans connaître le film à l’avance. « Visionner un film, c’est bien. Mais sortir du cinéma en ayant pu en discuter avec toute la salle et ceux qui l’ont fait, c’est intéressant. »

Une volonté d’expérimenter qui peut aussi se greffer sur d’autres événements pour les enrichir comme dernièrement avec la Foire du livre ou prochainement avec un concept de ciné-date dans le cadre du festival cinéma et jeu vidéo Level Five. Après la projection du film d’horreur Exit 8 de Genki Kawamura, les spectateurs seront invités à jouer ensemble au jeu vidéo dont il est inspiré. Objectif : réussir huit fois le même parcours pour sortir d’un métro piégé d’une boucle spatio-temporelle, le tout sans déclencher d’anomalies.

Xavier Harismendy

Au-delà des événements, le Rex tire ses épingles du jeu par une programmation ambitieuse et des paris pris sur la sélection. Des films comme Le Chant des forêts de Vincent Munier ont permis de multiplier les séances familiales en décembre. L’Étranger de François Ozon est le succès de l’année.

Une diversité qui se retrouve dans l’approche des publics. Le ciné-thé proposé à 3,70€ pour les séniors rencontre un franc succès avec 80 participants lors de la dernière séance. Le ciné-goûter, destiné aux plus jeunes, offre une première expérience de la salle de cinéma dès l’âge de trois ans. Des séances spécifiques sont également organisées avec les élèves paysagistes du Campus du Végétal, autour de projections suivies d’analyses collectives des paysages filmés. « Les jeunes brivistes ont compris que le cinéma leur appartenait aussi », sourit Romain Grosjean.

« On ne peut pas dire qu’un cinéma est populaire si la place est à 11€ », insiste le directeur. Un choix fort distingue le Rex : les tarifs n’ont pas augmenté depuis neuf ans, une décision volontaire pour « garantir la dimension sociale du cinéma ».

« Le grand facteur de cet excellent chiffre dans ce contexte national, c’est l’humain », conclue-t-il. « Incarner la passion du cinéma, avec derrière des spectateurs devenus médiateurs, capables de transmettre cette même passion. »

Xavier Harismendy

Partager la page

À LIRE

également
La compagnie aérienne Volotea va proposer 2 vols par semaine vers Porto depuis l'aéroport de Brive Vallée de la Dordogne....
Ismail Soulak a ouvert son kebab gourmet, 11 rue Ernest-Comté. Des plats turcs faits maison à consommer sur place ou...
Désenclavement stratégique, desserte aérienne et infrastructures ferroviaires au cœur de sa visite à Brive....