Ce vendredi 13 février, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, s’est rendu en Corrèze pour une visite consacrée à la desserte aérienne et aux infrastructures ferroviaires du territoire. L’aéroport Brive–Vallée de la Dordogne était au cœur de ce déplacement officiel.

La matinée a débuté à 10 heures à l’aéroport de Brive–Vallée de la Dordogne, infrastructure stratégique pour l’aménagement du territoire. Par une météo fraîche – mais sans pluie, heureusement – une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement : élus (maires, députés, sénateur), représentants d’entreprises locales, acteurs économiques et institutionnels (préfets, sous-préfets, Département, Région), président de l’aéroport et représentant de compagnie aérienne.

L’ambiance, à la fois attentive et engagée, témoignait de l’importance du sujet pour le territoire. Le bon accueil réservé au ministre était à la mesure des enjeux, d’autant que sa venue s’accompagnait de messages attendus et de perspectives positives pour la Corrèze. Alors que le ministre parcourait les installations aux côtés des responsables de la plateforme, un appareil en provenance de Paris s’est posé sur le tarmac, illustration concrète du rôle quotidien de cette liaison pour le bassin de vie (Corrèze – Lot – Dordogne).

Pour Julien Bounie, président de l’aéroport, cette venue constitue « un signal fort envoyé aux territoires ruraux ». Il a rappelé que, pour la Corrèze, « l’aérien n’est pas un luxe, c’est une condition de compétitivité », notamment grâce au dispositif d’obligation de service public qui permet de maintenir la liaison avec Paris-Orly. « C’est la preuve que l’État n’oublie pas les territoires qui entreprennent et qui développent ! »

Réouverture de la ligne Brive – Porto
« C’est LA bonne nouvelle de la journée ! » Parmi les sujets abordés figurait également la réouverture prochaine de la ligne Brive-Porto (Objectif visé pour une ouverture en Juillet 2026), jusque-là assurée par Ryanair. Cette liaison stratégique, interrompue ces derniers mois, sera désormais opérée par la compagnie Volotea. Présente sur de nombreuses dessertes régionales en France et en Europe, la compagnie s’est imposée comme l’un des principaux acteurs des liaisons directes entre territoires. Cette reprise constitue un signal positif pour l’attractivité économique, touristique et pour les liens familiaux avec la communauté portugaise fortement implantée en Corrèze.

La présentation d’un projet de centrale photovoltaïque sur l’emprise aéroportuaire a également marqué la matinée. Représenté par les sociétés Watteos et Générale du Solaire, elle devrait voir le jour fin 2029. De même pour l’inauguration de la nouvelle zone d’activité attenante à l’aéroport qui va accueillir des entreprises en lien avec le traitement et le recyclage de pièces d’avion. Ces initiatives, appelées à faire l’objet de développements spécifiques, traduisent à la fois une ambition d’autonomie financière, de rentabilité et de connectivité et une volonté d’inscrire l’équipement dans une dynamique de transition énergétique.

L’aéroport a 15 ans
Le maire de Brive et président de l’Agglo, Frédéric Soulier, est revenu sur la genèse du projet d’aéroport : « On a été quelques-uns à y croire. Aujourd’hui, on mesure l’impact de cette décision structurante ». Il a souligné la constance de l’engagement collectif autour de cette infrastructure inaugurée il y a quinze ans. « Le dernier aéroport construit du siècle dernier, et peut-être le seul du siècle présent ! », a t’il ajouté sur le ton de la boutade. « Un aéroport utile, équilibré et durable ! »

Le sénateur Claude Nougein a replacé ces enjeux dans une perspective plus large : « La première des choses pour un territoire, c’est le désenclavement. Cette ardente obligation (en citant le général De Gaulle) ! » Évoquant tour à tour le routier, le ferroviaire et l’aérien, il a rappelé la nécessité de maintenir des outils adaptés aux réalités d’un territoire rural.

Prenant la parole en conclusion, le ministre des Transports Philippe Tabarot a salué « une infrastructure stratégique pour l’aménagement du territoire » et a insisté sur la complémentarité des modes de transport : « Cessons d’opposer les modes de transport. Nous devons les penser de manière complémentaire ». Il a également rappelé sa volonté de renforcer, au niveau national, les investissements dans les infrastructures sur le long terme. « J’ai lancé un projet de Loi cadre pour sécuriser, pérenniser et renforcer les réseaux de transports (routier, ferroviaire, aérien) les plus concernés par les besoins de rénovation. »

Cet après-midi, une réunion de travail va se tenir en sous-préfecture de Brive afin d’évoquer les enjeux ferroviaires du territoire, notamment la modernisation et la régénération des lignes existantes. Les difficultés de la liaison POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) et la modernisation et l’amélioration de la ligne ferroviaire Bordeaux-Périgueux-Brive-Tulle seront à n’en point douter au cœur des discussions.
Le ministre s’est dit « ravi de pouvoir passer ce moment en Corrèze ! ». Cette visite ministérielle s’inscrit dans un contexte où les questions de mobilité, de désenclavement et d’attractivité demeurent centrales pour l’avenir de la Corrèze et des départements ruraux voisins (Lot et Dordogne). « Les transports c’est avant tout du bonheur », a-t-il conclu.