« Elle a un petit côté Eiffel qui lui donne un style particulier », a salué le maire et président d’Agglo Frédéric Soulier. L’aluminium a avantageusement remplacé le bois de l’ancienne passerelle datant de 2001 et qui a du être fermée depuis septembre 2023 car devenue dangereuse malgré son entretien.

« Le bois, c’est comme les cheveux, ça change de couleurs au fil de la vie et ça tombe aussi », s’amuse l’élu, tout à la joie partagée de retrouver enfin cette traversée indispensable de la Corrèze pour la continuité de la voie verte qui la longe. Il aura en effet fallu 18 mois de procédure et d’études avant de pouvoir attaquer les travaux de remplacement début juin. Alors, en ce samedi matin d’inauguration rassemblant officiels, riverains, usagers, famille de Jean Paufique et personnel de Silab, l’ambiance était enjouée et champêtre dans le parc du Prieur.


La nouvelle passerelle respecte les mêmes dimensions que l’ancienne : 38m de portée, 3m de large (la plus longue de Brive). Elle est équipée de caillebotis antidérapants en résine. Ont également été remplacés dans le même alliage les 200m de garde-corps des rampes d’accès (100m de part et d’autre). L’alu la rend beaucoup plus légère : 12 tonnes aujourd’hui contre les 35 d’avant, trois fois moins lourde, « On a gagné en poids et en esthétique ». Et surtout bien plus résistante : « au moins 50 ans, c’est le même process utilisé pour une marina portuaire sans l’exposition au sel« , garantit un technicien. Un investissement à hauteur de 466.000 euros pour l’Agglo, l’État et le Département.
« Elle allie élégance et sécurité, marie l’aspect métallique de l’alliage au végétal de la voie verte », résume le maire, rappelant que l’ouvrage d’art est exclusivement dédié aux piétons et aux cyclistes. « On doit la traverser pied à terre lorsqu’on est à vélo. » Brouhaha dans l’assistance. « Ce n’est pas gagné », reconnait-il en prônant « le partage de l’espace et la vigilance nécessaire pour que chacun puise trouver sa place ».


Cette inauguration rendait aussi hommage à un homme qui a marqué l’histoire industrielle pendant 40 ans : Jean Paufique, décédé en octobre dernier à l’âge de 93 ans et qui a créé ce fleuron Silab, leader mondial des actifs naturels pour la cosmétologie. Le ruban inaugural a été coupé sur la passerelle, entre les deux rives, par un arrière-petit-fils.
« Au-delà de son humanité naturelle, Jean Paufique a dédié sa carrière à chercher et à trouver des applications industrielles aux découvertes scientifiques. Il a eu ce coup de génie de substituer la matière animale par la matière végétale, sentant venir la crise de la vache folle », a retracé Frédéric Soulier. Il a su fédérer autour de lui une brillante équipe de salariés. Son histoire est celle de la persévérance, de l’anticipation et de l’appétit pour l’innovation. C’est un digne hommage pour imprimer sa trace à jamais dans cet espace où l’eau et le végétal sont les maitres des lieux. »


« Cette initiative fait honneur à mon père, à ma famille et à l’ensemble de ses collaborateurs », a remercié sa fille Anne, très émue et entourée des siens. « Mon père a traversé beaucoup de passerelles dans sa vie, pas toujours très solides, mais il savait qu’au bout il trouverait quelque chose de bien. C’était un homme résiliant. »
« On ne peut qu’être très fier, c’était un grand homme », a renchéri Brigitte Closs-Gonthier, présidente du directoire de Silab, soulignant également la belle symbolique. « Il a beaucoup travaillé avec la nature pour la transformer en actif pour la cosmétique. C’était un homme de passerelle. Comme elle, très technique, quelqu’un de solide, tourné vers le futur. » Rappelant aussi que l’aventure Silab avait démarré à quelques mètres de là, dans un garage rue Charles-Brun.


