Son anniversaire tombait mercredi 15 octobre et la famille lui avait réservé une belle surprise pour le week-end. « Ça fait six mois qu’on s’y prépare pour réunir tout le monde, c’est la seule qui vit à Brive et la famille est très dispersée », glisse un de ses deux fils.
Dans la lignée 6 petits-enfants et 7 arrière-petits-enfants. Ils ont tous convergé d’Ajaccio, Toulouse, Nantes, Béziers et d’ailleurs pour passer quelques jours en ce début de vacances avec celle qu’ils considèrent comme « une vraie matriarche« .
Sa petite-fille Émilie se souvient des vacances scolaires corréziennes. « Ma grand-mère adorait faire deux grandes tablées familiales, des repas avec 3 entrées, 4 plats et 5 desserts, la peur du manque due à la guerre… Je n’ai jamais vu ma grand-mère pleurer, flancher, se plaindre. C’est une force de la nature, une femme admirable, elle avait ce rôle d’unifier, de réunir autour d’elle la famille. »
Ce qu’elle a encore réussi, certes malgré elle, pour ses cent ans, mais avec un réel bonheur de voir les générations rassemblées. « C’est le tralala », s’exclame-t-elle en nous voyant arriver, un peu surpassée par tant d’attention.

À Fatima Jacinto, conseillère municipale venue lui offrir chez elle un bouquet de fleurs au nom de la Ville et qui lui demande depuis combien de temps elle vit à Brive, elle répond « Oh, pas très longtemps ». En fait, depuis 2005. « Déménagement « forcé » depuis Brunoy dans l’Essonne, explique sa petite-fille, car mes parents enseignants avaient obtenu leur mutation sur Brive et nous ne voulions pas nous séparer d’eux, ils ont été extrêmement présents dans nos vies de petits-enfants. » Vingt ans… évidemment une peccadille en comparaison d’un siècle.
« Un pilier de la famille » et ce sentiment se lit dans la joie de tous. « C’est une vraie pipelette, elle aime beaucoup nous raconter ce qu’elle a vécu durant la guerre et elle a des souvenirs incroyablement intacts. »