Georges Pillot, qui vient, il y a quelques semaines, de fêter ses 100 ans, a reçu la Légion d’honneur, hier, pour son engagement, à 18 ans, dans les Forces françaises libres puis pour avoir combattu lors des événements en Algérie. Un engagement enfin reconnu. La famille de Georges Pillot avait, en effet, effectué les premières démarches pour obtenir la plus haute décoration honorifique française, en 2004. Il aura donc fallu un peu plus de 20 ans pour que cet ancien combattant, mais aussi l’homme engagé, soit enfin honoré.
Engagé à 18 ans et co-pilote de bombardier



Georges Pillot est né le 5 septembre 1925 à Constantine en Algérie. Après avoir obtenu un brevet en dessin industriel, il entre à la Société nationale des chemins de fer algériens (SNCFA). En 1943, dès ses 18 ans obtenus, la Seconde Guerre mondiale ayant éclaté quelques années plus tôt, Georges Pillot s’engage dans l’armée et rejoint l’Angleterre en bateau et les Forces françaises libres. Il sera affecté dans l’armée de l’air et deviendra co-pilote de bombardiers dans les Forces aériennes françaises libres. Georges Pillot effectuera plusieurs missions au-dessus de l’Europe afin de détruire des cibles militaires ennemies, participant ainsi à la victoire finale. Par deux fois son avion sera abattu et s’abimera en mer. Il sera démobilisé en 1946.
Il retourne en Algérie, « bien qu’ayant failli épouser une Britannique », se souvient Georges et réintègre la SNCFA. Mais à nouveau l’armée fait appel à lui. La France se bat en Algérie.
Une retraite bien remplie

Il partira de cette région qui l’a vu naître en 1963 pour rejoindre Brive où il vit toujours. C’est là, dans sa maison du quartier du Breuil nichée sur les hauteurs de Brive, où il habite depuis 1968, qu’il vient de recevoir la Légion d’honneur des mains des représentants de l’ANCAC et de la FNCAC. Mais bien avant cela, Georges Pillot a reçu plusieurs autres décorations (diplôme d’honneur aux combattants de l’Armée française, médaille des engagés volontaires, croix du combattant, maintien de l’ordre guerre en Algérie, médaille commémorative AFN) et deux « distinctions » étrangères, « une reconnaissance par le gouvernement britannique et il a même reçu une petite statue de la reine d’Angleterre lorsque la monarque a fêté ses 95 ans, en 2021… », raconte l’une de ses deux filles, Anne-Marie Cabrera. En 2024, il reçoit donc la Légion d’honneur après que sa famille a fait les premières démarches en 2004. Mieux vaut tard que jamais.
Après sa carrière professionnelle, Georges Pillot sera bénévole. Il sera notamment trésorier de la FNCAC jusqu’en 2023 et président de sa mutuelle jusqu’en 2018.
Georges a eu, avec sa femme Huguette, décédée en 2012, quatre enfants. Il a cinq petits-enfants et quatorze arrière-petits-enfants. C’est entouré de sa fille et de son fils Bernard, de sa petite-fille Lara et de deux de ses petits-enfants, Clément et Océane, que Georges a reçu la Légion d’honneur.
Georges Pillot s’est dit simplement « fier du devoir accompli ».