Il y a des hasards qui après coup deviennent prémonitions. Ainsi pour Ugo, ce jeune mâle de race Limousine (notre photo d’ouverture) dont nous vous parlions à la veille de la manifestation. Il aura été le premier à fouler la Guierle vendredi, débarquant placidement sa tonne 2. Une puissance déjà impressionnante pour ses 2 ans et demi qui lui a valu d’être proclamé le lendemain plus bel animal du concours.
Son élevage, le Gaec Lagrafeuil-Peuch, a d’ailleurs remporté le prix d’ensemble de la race Limousine. Une distinction qui récompense l’intégralité d’un élevage, l’homogénéité de sa qualité. « Après une décennie à faire second, on enchaîne le titre pour la troisième année consécutive », se réjouissait Jérémy Peuch, 32 ans. Une histoire de famille qui se transmet de génération en génération. « C’est tout le travail d’une année qui se joue en quelques minutes. Le plus dur, c’est de rester à ce niveau. »

Et il y aura eu de l’excellence pendant ces deux jours, rendant d’autant plus difficile la tâche des juges avec des sélections très serrées. Car si pour le public, le Festival est l’occasion de renouer avec des racines ancestrales, d’humer cet air de terroir, de se promener en ville comme à la campagne, d’admirer vaches, cochons, moutons ou divers volatiles, de goûter aux mille saveurs de notre région, les professionnels, eux, ont à cœur de présenter le meilleur, de faire reconnaitre leur travail et partager leur passion. Avec une grande fierté.

Preuve encore de cet excellence : la vente historique enregistrée par cette 57e édition. Samedi soir, lors de la traditionnelle vente KBS genetic, les enchères ont « explosé » pour Atome, un superbe veau de race Limousine, le plus jeune de la vente, présenté par le Gaec Bossoutrot, et adjugé à 67.100 euros à un agriculteur portugais après des surenchères serrées avec un collectif français.
« C’est la plus grosse vente en France dans l’histoire de la race Limousine », constatait Mickaël Claval de KBS genetic. Signe certes de la qualité de notre terroir, mais aussi de l’importance nationale comme internationale incontournable de la manifestation pour la race Limousine.

Les autres races bovines étaient également à l’honneur avec le concours des Prim’Holstein remporté par la SCEA Felgines de Voutezac ou le prix de l’élevage laitier innovant à Marion et Alexandre Fouillade de Lafarge à Dampniat. On a aussi pu admirer une représentation de belles Salers à la robe acajou et aux cornes caractéristiques, en attendant, pourquoi pas, la création d’un concours lors d’une prochaine édition.
Ce week-end riche en animations, dégustations et démonstrations, aura aussi eu le mérite de rapprocher deux mondes qui se sont progressivement distendus dans notre société moderne : l’agriculture qui nous nourrit et les consommateurs que nous sommes tous. Avec ce réel plaisir d’être ensemble et de partager.
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