Il semblerait qu’il n’y ait pas qu’à Rome que mènent tous les chemins… Pour les Tomczyk et les Barthes-Zhou, ils ont convergé à Brive, dans le quartier de Malecroix précisément, qui plus est dans la même rue, deux maisons côte à côte. C’est cette singulière histoire de nouveaux habitants, rencontrés lors de la cérémonie de bienvenue en décembre (voir notre article Bienvenue chez vous) que nous allons vous raconter.
Les premiers arrivés, il y a trois ans, sont les Tomczyk, Daniel et Yangmei et leurs deux enfants Emma, 16 ans, et Jérémy, 9 ans, venus d’Orléans, « la banlieue de Paris ». Sans attache particulière, tout au plus des vacances répétées en gîtes dans la région.
« C’est bien situé, au centre de la France, déjà le Sud. On peut aller autant sur l’Atlantique qu’à la montagne et les enfants se sont vite intégrés. » Emma est à Bossuet, son petit frère à Notre-Dame, le papa profite de la retraite, la maman enseigne le piano et le quotidien s’écoule serein.
« On a découvert après coup notre similitude.
C’est un vrai coup de chance, on peut continuer à parler chinois. »
Camille Barthes, Jie Zhou, 44 ans chacun et travaillant tous deux chez Andros, et leurs deux enfants Lucie, 15 ans, et Nicolas, 12 ans, ont acheté la maison voisine il y a un an. « On a découvert après coup notre similitude familiale. C’est un vrai coup de chance, on peut continuer à parler chinois et Emma prend des cours de piano avec Yangmei », se réjouit Jie qui manie parfaitement le français.
Lui, originaire de Picardie, agronome de formation, a vécu près de la moitié de sa vie en Chine où il travaillait les dernières années pour Andros. Il y a deux ans, l’envie de rentrer rapatrie la petite famille au siège de la célèbre marque lotoise.


« Plutôt qu’à Biars, on a préféré venir sur Brive pour la scolarisation des enfants qui pouvaient bénéficier de cours de chinois. » À Bossuet et Notre-Dame, comme les Tomczyk. « On s’est d’abord installés à Jugeals-Nazareth, le temps de découvrir la région qu’on ne connaissait pas. En Chine, on avait une vie très urbaine, on voulait maintenir un niveau de services et d’activités en nous installant en ville. Ça a été difficile de se remettre à l’heure française, les enfants se sont mieux adaptés que nous. »
Les parents prennent doucement leurs marques, se sont abonnés à la Scène nationale L’empreinte, affectionnent le cinéma art et essai Rex, fréquentent tous les samedis le marché Brassens, adorent le grand sapin de Noël…
Une image surtout a marqué Camille : « Les parapluies suspendus de toutes les couleurs, ça symbolise une certaine légèreté, un bien vivre. Brive est une ville dynamique, conviviale surtout… Je n’ai pas encore la fameuse moustache », plaisante-t-il. « On apprécie beaucoup le cadre, on se sent à l’aise. Et on a la chance d’avoir comme voisins cette autre famille comme nous, franco-chinoise. On ne se connaissait pas, on n’est même pas de la même région », s’étonne toujours Jie. Deux familles désormais « brivo-chinoises ».