Était-il, était-elle pour le don de ses organes ? La question se pose brutalement aux proches lors d’un cas, rare, de mort encéphalique. À défaut de connaître la position du défunt, à la peine immense de la perte, s’ajoute celle d’un choix à faire au nom de celui ou celle qui n’est plus. Très peu d’entre nous se posent la question avant et le jour où la question se pose, c’est toujours pour ceux qui restent que c’est plus difficile.
« C’est un double deuil, on n’est jamais préparé à ça. La famille doit se positionner rapidement. Alors plutôt que de mal faire, on préfère ne rien faire« , témoigne le docteur Nicolas Pichon, médecin réanimateur et coordinateur pour le prélèvement, venu comme son homologue le docteur Ali Abdeh, chirurgien pour les prélèvement. Dans la salle, plusieurs infirmières également du centre de prélèvement de l’hôpital et des membres de l’association France ADOT 19.
Ce ciné-débat initié avec la Ville, était une première. « Le but est de mettre en place une dynamique, pour donner l’envie d’en parler. Il s’agit de solidarité. Nous avons une générosité de cœur que l’on peut donner autrement, après la mort », explique le conseil municipal délégué Franck Peyret. « Redonner la vie autrement », abondait le directeur Nicolas Portolan, directeur des hôpitaux de Corrèze.


Car il s’agit bien de « réparer les vivants », comme le titre du film tiré du livre éponyme. Un film subtil qui a abordé avec beaucoup d’humanité les nombreux aspects de ce don, la trajectoire de vie brisée, la douleur de l’annonce, la bienveillance des équipes médicales, l’accompagnement, le questionnement, le doute, l’attente du receveur… ces bribes de vie de tous ceux qui interviennent dans cette chaine de solidarité et la course contre la montre pour que la transplantation réussisse. La vie qui n’est plus, celle qui va pouvoir continuer, l’espoir.
« Malgré les campagnes successives pour sensibiliser au don d’organes, les refus ne cessent d’augmenter« , déplorent les professionnels médicaux.
En 2025, en France, cela représentait 3 188 donneurs potentiels. Mais seulement 1 590 ont pu faire l’objet d’un prélèvement, bien trop souvent parce que les proches ne connaissaient pas leur volonté à ce sujet. Un chiffre à mettre en parallèle avec les 23 294 malades en attente d’une greffe pour pouvoir vivre mieux, plus longtemps ou vivre tout simplement car pour certains c’est une priorité. 966 sont d’ailleurs décédés avant d’avoir pu en bénéficier. Voilà pourquoi il est important d’en parler à sa famille, ses amis, autour de soi, tant qu’on peut le faire. « Sans dons, les greffes n’existent pas », rappellent les médecins.
La mission de l’antenne briviste de France ADOT est de favoriser ce dialogue et de lever les tabous qui pèsent sur ce don de la mort à la vie. Vous pouvez la contacter au au 05.55.20.04.60 ou fadot19@orange.fr. Elle intervient sur demande dans les établissements scolaires, associations, institutions.
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