Duos de lâcher prise. La galerie de portraits du Lol Project expérimenté au sein du personnel, a apporté hier soir une bienvenue légèreté au traditionnel exercice des vœux. Les uns se cherchent, les autres s’associent… Le rire, moteur de cohésion, pour refermer une année et en espérer une nouvelle sous de meilleurs auspices.
« Une année structurante »
L’année écoulée aura vu la création d’un hôpital de jour de médecine, d’une unité de soins palliatifs, augmentation globale d’activité de 2% (une hausse même de 7% pour les urgences), le lancement des études pour la rénovation du bâtiment de l’ancien institut de soins infirmiers et du chantier de rénovation/extension du bloc opératoire…

Si 2025 a été « riche en transformations » et marquée par « un renforcement significatif des coopérations et des partenariats » entre les établissements hospitaliers de Corrèze », a rappelé leur directeur commun Nicolas Portolan, 2026 s’annonce comme une année tout aussi « structurante » pour garantir la meilleure offre de soins dans un territoire aux « besoins croissants ».
« Des contraintes budgétaires drastiques »
Outre la consolidation des organisations au service du parcours des patients, le développement de l’ambulatoire, la poursuite de la structuration de la psychiatrie, le renouvellement d’un des deux scanners et d’un accélérateur à particules, la certification de la Haute autorité de santé attendue en juin, l’établissement devra entre autres négocier la fusion des EHPAD prévue à l’horizon 2027. Le tout dans « un contexte de contraintes budgétaires drastiques », a souligné le docteur Jean-François Decay, tout nouveau président de la Commission médicale d’établissement.

En dépit des excellents indicateurs, l’établissement ne parvient ainsi plus à « trouver l’équilibre budgétaire » avec deux impacts majeurs : sur la politique d’investissement et sur le découragement des équipes aides-soignantes, parlant même d’un « sentiment de démotivation voire de résignation ».
Un rôle de locomotive
Certes, à plusieurs, on est toujours plus fort et le rapprochement des hôpitaux sous une direction commune, tout comme l’enveloppe de 80 millions d’euros dans le cadre du Ségur de la santé, peuvent servir « une recomposition harmonieuse de l’offre de soins territoriale« , a reconnu le président de la CME.
« Nous ne pouvons plus nous permettre de maintenir coûte que coûte des activités fragiles sur chacun des sites. Les équipes médicales doivent agir unies et en responsabilité autour d’un projet solide centre sur notre cœur de métier : la sécurité et la qualité des soins. Le CH de Brive doit être la locomotive de ce dispositif. »

Dans cette « grande mutation de l’hôpital qu’il faut affronter », le maire et président du conseil de surveillance, Frédéric Soulier, en appelle également à la coopération et au décloisonnement des secteurs public et privé pour garantir l’attractivité du territoire et son offre de soins, basée sur « la confiance et la compétence ».
Un besoin de réparation
Chacun est évidemment revenu sur « l’émoi » suscité en 2025 par l’enquête visant la réanimation, à savoir une suspicion de décès suspects relevant du registre pénal », et apporté son soutien aux équipes aides-soignantes du service, « reconnues pour leur haut niveau de performance ». « Notre communauté médicale s’est sentie blessée au plus profond de sa chair », a pointé le président de CME.

« Le nombre de séjours annuels dans cette unité a plus que doublé en 10 ans passant de 480 en 2015 à 1.150 en 2025. Dans le même temps, le taux de décès de 13,21% est à mettre en comparaison avec un taux national de 16,6% et un taux de 19,1% pour les établissements de Nouvelle-Aquitaine », a-t-il chiffré, remerciant au passage l’ensemble des équipes pour « leur dévouement, leur humanité, leur engagement au quotidien au service des malades« , englobant ces « anonymes, petites mains, loin de la lumière des projecteurs »: les agents hospitaliers, aides-soignantes, infirmières, cadres de santé, agents techniques, médicaux administratifs, paramédicaux, assistantes sociales… Toute une communauté.
Sans hypothéquer les résultats de l’enquête toujours en cours, « nous avons besoin de réparation, les médecins, les services. C’est l’institution qu’il faut protéger« , a témoigné Frédéric Soulier. Le directeur Nicolas Portolan a ainsi souhaité que 2026 soit placé « sous le signe de la cohésion, de l’engagement collectif et de l’innovation au service des patients de notre territoire ».
