Qui est le nouveau président de la CME de l’hôpital de Brive ?

Il se définit comme "le moins clinicien parmi les médecins, passé du côté obscur de la force". Rencontre avec le docteur Jean-François Decay.
Fatima Kaabouch

C’était hier soir sa première prise de parole à la traditionnelle cérémonie des vœux du centre hospitalier de Brive (consultez notre précédent article L’hôpital soigne son image). En novembre dernier, il a été élu pour un mandat de quatre ans à la tête de la CME, Commission médicale d’établissement, l’instance représentative et consultative de la communauté médicale au sens large. Il succède à cette présidence au docteur André Sommabère qui l’aura occupée pendant deux mandats.

Jean-François Decay, 60 ans dont 17 à Brive, n’est pas, comme ses confrères, un habitué de la blouse blanche. Après une formation de gynécologue obstétricien en Belgique, il s’est tourné vers l’information médicale dont il est le responsable au sein du centre hospitalier de Brive.

Un département tout aussi important puisqu’il est chargé du recueil, de l’analyse et du codage des données médicales pour optimiser la gestion des soins, l’activité hospitalière et son financement, jouant à ce titre un rôle clé dans l’amélioration de la qualité des soins et l’innovation en santé.

« Je suis le moins clinicien parmi les médecins, celui qui aux yeux de beaucoup est passé du « côté obscur de la force », celui qui s’emploie à soigner plus les chiffres et les tableaux Excel que les malades« , se présente-t-il avec humour.

Avec le docteur Abdeh, chirurgien viscéral et digestif © Fatima Kaabouch

Une compétence qui l’a autorisé hier soir à dresser un tableau impartial : « Malgré d’excellents indicateurs – près de 45% de progression d’activité au cours de la dernière décennie -, notre établissement ne parvient plus à trouver l’équilibre budgétaire« . Ce « défenseur dès la première heure » de la direction commune des hôpitaux de Corrèze, est « convaincu qu’à plusieurs on est toujours plus fort », compte donc sur une « organisation coordonnée des prises en charge » avec une « gradation des filières de soins sur le territoire ».

En clair : « Nous ne pouvons plus nous permettre de maintenir coûte que coûte des activités fragiles sur chacun des sites. Les équipes médicales doivent agir unies et en responsabilité autour d’un projet solide centre sur notre cœur de métier : la sécurité et la qualité des soins. Le CH de Brive doit être la locomotive de ce dispositif. »

Animé par sa « forte expérience en dynamique de projets », le nouveau président devra tenir compte du gros renouvellement et du rajeunissement de la communauté médicale, « en attente de davantage de démocratie, de collégialité et de transparence », ce qu’il veut s’employer à développer.

Il a également tenu à remercier l’ensemble du personnel pour son dévouement, son humanité et son engagement exemplaire, associant tous les agents hospitaliers, soignants et non soignants, « les anonymes, les petites mains, loin de la lumière des projecteurs, qui œuvrent chaque jour sans relâche au plus près des malades en cherchant à toujours offrir le meilleur d’eux-mêmes ».

Avec un souhait pour 2026 : celui de « collectivement trouver le chemin, certainement étroit, qui nous permettra de continuer à offrir le meilleur de nous-mêmes et qui par ricochet offrira aux malades le meilleur en terme de soins ». Et ce spécialiste des chiffres a conclu: « Oui, au final, à n’en pas douter, la santé est une affaire d’êtres humains ».

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