Après l’inoubliable édition anniversaire de 2024 (voir notre article Brive Festival, 20 ans d’amour), on aurait pu douter d’une suite à la hauteur. Cette 21e édition qui s’est refermée hier soir en embrasement avec Soprano, a prouvé le contraire. Lire également notre article Brive Festival complètement love.

Certes, la fréquentation accuse une baisse attendue : plus de 45.000 festivaliers en 4 soirs contre 51.000 l’an dernier avec le record des 15.000 pour le concert de la mégastar Sting. Une baisse, comme celle du ticket moyen du festivalier, qui est à l’image de la tendance impactant l’ensemble des manifestations du genre en France. Le patron du Lovely festival Stéphane Canarias reste pour autant très satisfait, tout en reconnaissant qu’il y a toujours à améliorer : « On ne fait pas une soirée à moins de 10.000 spectateurs. C’était une édition hyper fluide. » Signe d’une maturité bien acquise qui trouve son écho dans l’adhésion aussi bien des artistes que du public et des partenaires.

« On a pas de mal à programmer des artistes français, ils savent qu’ils seront bien accueillis. Hoshi, Clara Luciani, Santa, Julien Granel, Mathieu Chedid, Soprano… on les connait tous. On ne vit pas le festival, comme il y a dix ans, ça fait famille. » C’est plus compliqué pour en décrocher à l’international. Mais ça pourrait bien changer car dans le catering, à l’arrière de la scène, l’organisation travaille à ce futur en bichonnant artistes et producteurs. »Rag’n’Bone Man ne connaissait pas et il a adoré l’esprit, l’ambiance des bœufs entre artistes, on lui a même fait rencontrer comme il en rêvait Courtney Lawes (le chanteur est un grand passionné de rugby, NDLR).

Pour 2026, Stéphane Canarias espère annoncer un gros nom. « Dès la fin du mois, on va pouvoir y voir plus clair ». Tout juste a-t-il indiqué que ce pourrait être « une artiste dans le style de Sting, qui correspond parfaitement à notre public », lançant tous les pronostics. « Honnêtement, ce n’est pas pour faire de l’incitation, mais si on signe un de ces artistes sur lesquels on travaille, le pass des 4 jours à l’aveugle (mis en vente dès aujourd’hui à 176 euros, NDLR) est loin du prix du billet jour pour un stade ou Arena. »

Côté finances, nerf de la guerre, le festival a également franchi cette année un cap. « Pour la première fois, le chiffre d’affaires amené par les partenariats dépasse celui de la billetterie. Ça fait partie des choses qui nous permettent de grandir et de couvrir la hausse des charges techniques et des cachets. » Un ancrage essentiellement local sur quelque 300 entreprises locales. La présence d’une cinquantaine de marques nationales témoigne aussi de leur intérêt croissant pour toucher une clientèle sur la manifestation à grande distribution de goodies qui ont fait sensation.

Alors que retenir de cette 21e édition bénie des cieux, et ce n’était pas gagné au vu des prévisions météorologiques… Il y a eu des spectacles flamboyants, des moments forts comme le piano volant de Santa, des moments émouvants comme le vibrant hommage de Lamomali à Toumani Diabaté un an après sa disparition, des instants explosifs avec le show endiablé du jamaïcain Shaggy ou des cubains Gente de Zona, des chansons à l’unisson comme pour la Grenade dégoupillée par Clara Luciani…
L’édition a distillé son lot de découvertes avec le DJ Elfigo, ce petit bonhomme de 13 ans, pas plus haut que sa platine, ou sur les artistes de la scène Tremplin, les passages déjantés d’un Julien Granel au summum de son univers coloré ou d’un Michel Hubert à la prestation savoureuse et complètement décalée sur la scène découverte… Des bonheurs partagés avec l’équipe du Lovely invitée par Lamomali à monter sur scène, la larmichette communicative du DJ briviste Rivo recevant un triple disque de platine et un disque d’or…

Les un(e)s étaient venu(e)s uniquement pour Mika, Santa, Helena ou Kendji et se sont laissé(e)s emporter par d’autres univers. C’est aussi la vocation et l’ambition d’un festival que de faire découvrir d’autres styles ou artistes que ceux d’une playlist générée par analogie.

Bref un chapelet d’émotions que chacun s’est constitué, au fil d’une soirée ou plusieurs, entre copines, en famille, entre amis ou anonymement dans une foule et un temps comme suspendus pour la fête, les maquillages, la solidarité aussi avec les associations présentes car le Festival se veut aussi « engagé et responsable ». Au final, des moments gravés au fond du cœur. Plus que de la musique, comme l’entretient dans son slogan le Festival : du Lovely. C’est vrai que ça respirait le bien-être. Et ça fait un énormément bien.
Rendez-vous est pris du 16 au 19 juillet 2026.



























































