Ce week-end sur la Guierle métamorphosée en ferme géante, le temps appartenait à ceux qui ont l’essentiel métier de nous nourrir. Certes, comme l’a déclaré Daniel Couderc, « la race Limousine est ici chez elle », le Festival de l’élevage a déroulé toute la panoplie de notre terroir : Prim’Holstein, Salers, ovins, porcins et autres animaux et produits. Chacun, petit ou grand, simple curieux, élu de la République, citadin ou touriste, a ainsi pu admirer poils et plumes, applaudir aux démonstrations, se délecter des saveurs salées ou sucrées, profiter de cette fin bucolique des vacances.
« Cette diversité fait la richesse de la Corrèze et derrière chaque animal, derrière chaque produit, il y a une exploitation, une famille, des investissements, beaucoup de travail, des femmes et des hommes passionnés » a rappelé le président de la Chambre d’agriculture.
Mais l’excellence de notre terroir ne peut faire oublier la réalité à laquelle sont confrontés éleveurs et agriculteurs : la sécheresse encore cette année qui pousse à puiser dans les réserves de fourrage, l’eau qui se raréfie et qu’il faudrait pouvoir stocker, la concurrence avec des pays qui ne sont pas soumis aux mêmes règles, des investissements et des matériaux toujours plus onéreux, les marges qui se réduisent…
« À force de multiplier les interdictions et les contraintes, nous risquons demain d’importer ce que nous ne pouvons pas produire chez nous. »
« On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire sans parler de capacité à produire. Et à force de multiplier les interdictions et les contraintes, nous risquons demain d’importer ce que nous ne pouvons pas produire chez nous », relance Daniel Couderc. Avec ce que cela sous-tend en qualité et traçabilité. « La souveraineté alimentaire ne peut pas être simplement un slogan, elle suppose des exploitations rentables. »
À cela s’ajoute, comme l’ont souligné les représentants des collectivités comme de l’État dans leurs discours, l’inquiétante démographie agricole qui touchera la moitié des exploitations. Une ferme sur deux devra changer de main dans les 10 ans à venir.
Se pose donc « la question centrale du bien manger » pointait le maire Frédéric Soulier. Certes, elle se construit dans les fermes, mais aussi dans nos choix de consommation, en privilégiant les produits locaux plutôt que ceux importés. Un prix certes à payer pour un aujourd’hui qui conditionne notre demain.
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